Bonne poire ou bonne proie?

Comprendre les limites pour sortir de l’épuisement

 

illustration qui met en scène le glissement progressif d'une personne trop serviable vers un état d'épuisement et de burnout. À gauche, une poire souriante, toujours disponible, incapable de dire non, portant les besoins des autres avant les siens. À droite, cette même poire submergée, tiraillée de toutes parts, vidée de son énergie. Une image qui parle à toutes celles et ceux qui s'oublient en route femmes, mères, professionnels en surchauffe. Adeline Brunet, sophrologue et praticienne en psychogénéalogie à Hérouville-Saint-Clair, accompagne les personnes en situation de stress chronique, d'épuisement émotionnel et de burnout à Épron, Blainville-sur-Orne, Cagny et dans tout le Calvados

À trop être une bonne poire, on finit par devenir une proie

POIRE. PROIE. Cinq lettres. Les mêmes. Dans un ordre différent.
Ce n’est pas un hasard linguistique amusant. C’est un miroir.

Vous reconnaissez-vous dans ce portrait ?

Vous dites oui alors que vous pensez non. Vous portez les projets des autres en plus des vôtres. Vous anticipez les besoins de tout le monde sauf les vôtres. Vous vous excusez d’exister trop fort, trop souvent, trop clairement.
On vous dit que vous êtes « tellement gentille », « toujours là », « une perle ».
Et pendant ce temps, quelque chose en vous s’épuise en silence.
La bonne poire. Ce n’est pas un compliment. C’est une assignation.
Et les assignations, ça use.

Ce que votre cerveau fait sans vous le dire

Les neurosciences ont un mot pour ça : le conditionnement de récompense sociale.
Depuis l’enfance, votre cerveau a appris une équation simple : si je donne, je suis aimé·e. Si j’accepte, je suis en sécurité. Si je ne dis pas non, je maintiens le lien.
Ce système a été utile. Il vous a protégé·e à une époque où vous n’aviez pas les ressources pour faire autrement.
Mais vous avez grandi. Et ce programme tourne toujours en arrière-plan.
Le problème ? Il ne distingue plus la générosité librement choisie du sacrifice subi. Il ne voit plus la différence entre donner par amour et donner par peur de perdre.
Et votre corps, lui, le ressent. Sous forme de fatigue. De frustration. De ce sentiment diffus d’être « trop » pour certains et « transparente » pour d’autres.

La poire ne choisit pas d’être cueillie. Vous, si.
Attention : il ne s’agit pas de devenir méfiant·e, dur·e, fermé·e. Il ne s’agit pas non plus de pointer du doigt ceux qui ont profité de votre générosité.
Il s’agit de quelque chose de bien plus subtil et de bien plus puissant :
Comprendre pourquoi vous dites oui avant même d’avoir demandé à votre corps ce qu’il en pense.
Parce que le passage de poire à proie ne se fait jamais d’un coup. Il se fait à coups de petits oui qui coûtent cher. À coups de silences avalés. À coups de besoins remis à plus tard et ce plus tard n’arrive jamais.

Trois signaux que votre système d’alarme envoie
Votre cerveau et votre corps parlent. Apprenons à les écouter :

1. La fatigue sans cause apparente

Vous dormez, mais vous êtes épuisé·e. Pas physiquement, émotionnellement. C’est le signe que vous avez beaucoup donné sans beaucoup recevoir y compris de vous-même.

2. La culpabilité quand vous osez dire non

Non n’est pas un gros mot. Non n’est pas de l’égoïsme. Non, c’est une information sur ce dont vous avez besoin. Si prononcer ce mot vous génère une bouffée de culpabilité, c’est que quelque chose a été câblé de travers  pas en vous, mais autour de vous.

3. Le sentiment de devoir mériter votre place

Vous surproduisez. Vous sur-expliquez. Vous sur-justifiez. Comme si votre présence avait besoin d’être légitimée en permanence. Spoiler : elle n’en a pas besoin.

Et maintenant, on fait quoi ?
On ne « gère » pas ses émotions. On les traverse. On les comprend. On les accueille.
Voici ce que je propose à mes clientes dans cet espace entre poire et proie :
• Identifier les situations qui déclenchent le réflexe du oui automatique
• Reconnaître la différence entre donner par choix et donner par peur
• Réapprendre à s’écouter avant d’écouter les autres — pas à leur place, mais en plus d’eux
• Poser ses limites sans se justifier, sans s’excuser, sans perdre la relation
Poser ses limites, c’est militer pour soi. Pas contre les autres — pour soi.

Ce que ça change, vraiment
Mes clientes qui traversent ce chemin ne deviennent pas froides. Elles ne deviennent pas égoïstes.
Elles deviennent plus vraies.
Elles donnent moins  mais mieux. Elles disent non parfois  et oui avec beaucoup plus de joie. Elles cessent d’attendre que quelqu’un vienne enfin les voir… parce qu’elles ont commencé à se voir elles-mêmes.
Ce n’est pas vous contre les autres. C’est vous, enfin, avec les autres.

Ce petit inconfort que vous ressentez là ? C’est votre système nerveux qui vous envoie un signal.
Écoutez-le.
Et si vous souhaitez explorer ça ensemble, je suis là. En cabinet à Caen, ou en visioconférence